Les facteurs de risque
AGE ET GENRE
L’âge est le premier facteur de risque de la maladie d’Alzheimer, le nombre de cas augmente avec l’âge.
Le genre féminin est également un facteur de risque ; à partir de 75 ans, la survenue de la maladie d’Alzheimer est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes mais comme les femmes vivent plus longtemps que les hommes, on comprend pourquoi il y a au total beaucoup plus de femmes atteintes de cette maladie.
EDUCATION ET STYLE DE VIE
La maladie est plus fréquente chez les sujets de petit niveau d’éducation. En revanche, le risque est plus faible chez les sujets ayant un style de vie cognitivement stimulant. Il s’agit de toutes les activités intellectuelles qui permettent de maintenir et d’entretenir un réseau neuronal efficace : travailler, lire, sortir et rencontrer des gens, s’occuper de ses petits enfants, voyager, un exercice physique quotidien … La solitude multiplie par deux le risque de maladie d’Alzheimer.
Avoir suivi des études et entretenir des activités intellectuelles variées favorisent la création de nouveaux neurones (appelé réserve cérébrale) et le développement de connexion neuronales (appelé réserve cognitive).
Une dépression chronique augmente aussi le risque car d’abord les dépressifs n’entretiennent pas un réseau social et d’autre part le stress permanent fragiliserait l’hippocampe et le rendrait plus sensible aux lésions d’une maladie d’Alzheimer.
RISQUE VASCULAIRE
L’hypertension artérielle, le diabète, ou l’excès de cholestérol sont révélés être des facteurs de risques de la maladie.
L’avancée en âge s’accompagne de l’installation de petites lésions vasculaires dans le cerveau. La survenue brutale ou progressive de ces lésions vasculaires, même minimes, accélèrerait le déclenchement de la maladie.
Dans d’autres cas ; ces lésions créent des démences vasculaires pures.
AUTRES
La nutrition joue également un rôle protecteur : un régime de type méditerranéen (appelé aussi régime crétois) s’associerait à une diminution sensible du risque de maladie d’Alzheimer.
Une consommation régulière et modérée d’alcool est associée à un moindre risque de survenue d’une maladie d’Alzheimer. Dans ce cas les tanins et les flavonoïdes contenus dans le vin ont un effet protecteur.
D’autres facteurs de risque ont été évoqué : présence d’aluminium dans l’eau de consommation, antécédents de traumatismes crâniens avec coma.
ELEMENTS GENETIQUES
Dans les formes sporadiques de la maladie d’Alzheimer existe un facteur de risque génétique lié au gène de l’apolipoprotéine E (apoE) situé sur le chromosome 19.
L’ApoE est une protéine de transport des graisses qui intervient dans la régénération synaptique. Il existe trois formes du gène de cette protéine (epsilon 2,3 et 4) : la forme epsilon 4 du gène multiplie par 4 à 18 le risque de faire la maladie tout en là déclenchant plus tôt. Ce gène ne constitue toutefois pas un marqueur de la maladie, c'est-à-dire qu’avoir l’epsilon 4 n’entraîne pas inéluctablement la maladie d’Alzheimer en outre, on peut développer la maladie en ayant les formes 2 ou 3.
Enfin, indépendamment des formes familiales génétiques, le fait d’avoir un père ou une mère atteint de la maladie est associé à un risque accru de développer soi même la maladie.
Risques et protection :
Facteurs de risque :
- âge
- genre féminin (après 75 ans)
- petit socio-éducatif
- facteurs cardio-vasculaires
- antécédents familiaux de démence
- allèle epsilon 4 de l’ApoE
- trisomie 21
-
Facteurs de protection :
- haut niveau socio-éducatif
- style de vie cognitivement stimulant
- régime méditerranéen
- traitement des facteurs cardio-vasculaire
La phase modérée ou phase d’état (2 à 6 ans)
Le langage spontané s’appauvrit, les incohérences apparaissent parfois aussi bien au niveau du sens global de ce que veut dire le patient que du choix de ses mots, qui sont déformés (chaussin pour chaussette) ou remplacés par d’autres (cuiller pour fourchette). La compréhension de ce qui est entendu et de ce qui est lu est altérée. Le patient n’écrit pus spontanément et fait de toute façon de nombreuses fautes d’orthographe.
A ce stade, la réalisation des gestes quotidiens est perturbée, aussi bien l’habillage que l’utilisation des ustensiles ou des outils. Ces troubles sont accentués par des difficultés de reconnaissance des objets. Les visages familiers sont moins bien reconnus également.
Les troubles psychocomportementaux associent de façon variable selon les patients des troubles anxieux et dépressifs, des modifications de la personnalité, des comportements stéréotypés, un désintérêt, une agressivité verbale ou gestuelle liée à des états de panique, des hallucinations visuelles, des idées délirantes, des fugues. Le sommeil, l’alimentation et les contrôles sphinctériens sont perturbés.
La phase sévère (2 à 4ans)
La mémoire est profondément dégradée : la mémorisation n’est plus possible et le patient oublie tous les souvenirs passés aussi bien personnels que culturels. La dégradation du langage oral et écrit est majeure. La compréhension est altérée de manière permanente. Les mots sont déformés. Le patient parle peu, il répète souvent ce que dit son interlocuteur (écholalie) ou répète spontanément des syllabes (palilalie), puis il devient quasi mutique. Paradoxalement, des fragments normaux de phase peuvent surgir inopinément dans des circonstances fortement émotionnelles (mauvaise nouvelle, visite d’un parent…).
Le comportement ne fait que s’aggraver davantage, avec un patient prostré ou déambulant de manière incessante. Une agressivité et une opposition sont fréquentes en cas de situations nouvelles que dérangent les patients de leurs rituels. A ce stade sévère, le patient marche lentement, il tombe fréquemment et présente parfois des éléments proches de ceux d’une maladie de parkinson. Il arrive quelquefois des crises d’épilepsie ou des sursauts (myoclonies). Le maintien à domicile est de plus en plus pénible pour l’entourage, qui est obligé de placer le patient en institution spécialisée.
La phase terminale (2ans)
A ce stade, le patient n’est plus autonome, la communication est impossible et les troubles psycocomportementaux sont majeurs. L’évolution terminale de la maladie se fait vers un état grabataire : le patient ne peut plus marcher, il reste assis puis allongé dans son lit, l’incontinence est complète. La perte du poids , la faiblesse, les infections bronchiques, la malnutrition liée à une alimentation de plus en plus difficile entraînent le décès du patient en moyenne de 8à 12 ans après le début de la maladie. Cette évolution est bien sûr accélérée par la présence d’autres maladies.
Enregistrement de l’interview sur Europe 1 du professeur Jacques TOUCHON, responsable du centre mémoire de Toulouse.
Les symptômes ont une évolution progressive. La maladie atteint la mémoire, le langage, l’orientation dans l’espace, les troubles intellectuels s’aggravent, absence d’autonomie.
La maladie est fréquente chez les sujets âgés, car le risque augmente avec l’âge.
Le patient le plus jeune avait 29 ans quand sa maladie s’est déclarée.
Les patients jeunes, entre 60 et 65 ans ont le plus de problèmes que les plus âgés.
A quoi est du cette maladie ?
Les facteurs de risques sont : le sexe féminin, l’âge, des antécédents de la maladie.
Est-ce une maladie héréditaire ?
Dans 1% des cas c’est héréditaire au sens propre du terme,et dans les 99% des cas la maladie s’est développée dans un cadre familial favorable (comme le diabète par exemple)
Quelle est la moyenne d’âge ?
75 – 80 ans
Est elle de plus en plus développée ou est ce parce que nous vivons de plus en plus vieux ?
Nous vivons de plus en plus vieux donc le nombre de malades augmente. 700000 sujets sont atteints et 225000 cas nouveaux sont déclarés chaque année dut au vieillissement de la population.
Peut on ralentir la progression de la maladie ?
Il faut faire de la prévention, diminuer les facteurs de risque (l’obésité, le diabète, l’hypertension artérielle et le tabac) il faut être actif sur le plan intellectuel (mots croisés, sudoku…) avoir une vie active (rencontrer des gens) faire preuve de nouveauté car plus le cerveau est stimulé, plus il est protégé.
Existe-il un vaccin ?
Non c’est plutôt une thérapie qui utilise les défenses immunitaires.
L’immunothérapie active consiste à injecter au patient un morceau de protéines anormales qui provoque la fabrication d’anticorps contre cette protéine, tandis que l’immunothérapie passive consiste à fabriquer des anticorps contre la protéine anormale puis injecter ces anticorps au patient.
Le « vaccin » soigne des personnes déjà atteintes mais s’applique très tôt, avant une trop grande évolution.
Comment savoir si l’on est atteint de la maladie d’Alzheimer ?
Il faut faire le test, mais il n’y a pas d’âge pour le faire et consulter un medecin si des gènes de la mémoire apparaissent.
Combien de temps encore avant un vaccin ?
Des essais thérapeutiques sont en cours, s’ils se révèlent non toxiques un vaccin sortira dans 5 ans. Il évitera alors l’évolution de la maladie d’Alzheimer.